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David E. Ritchie


Lauréat du prix Horatio Alger 2006 — Président du conseil d’administration, Les Encans Ritchie Bros.

« Le plus important c’est de ne jamais abandonner. On apprend qu’à force d’essayer, tout devient plus facile. »

David Ritchie est le cadet d’une famille de six enfants. Lorsqu’il est né en 1936 à Kelowna, en Colombie‑Britannique, son père avait tout perdu. À titre d’avocat, ce dernier s’est retrouvé au cœur d’une bataille juridique contre les coops agricoles et puisqu’il n’a pas gagné ce combat, il a été radié du barreau et a dû céder la propriété de nombreux vergers. Sans le sou, la famille Ritchie a emménagé dans une maison louée sur une ferme de tabac. Le père de M. Ritchie a ensuite réussi à trouver du travail comme inspecteur de fruits.

« Ma famille vivait une période vraiment difficile quand j’étais jeune, dit M. Ritchie. Il n’y avait souvent que du gruau à manger, deux ou trois fois par jour. Nous tentions d’aider nos parents du mieux que nous pouvions. Je me souviens qu’avec mes frères et sœurs, j’allais cueillir des pommes de terre; un sac nous rapportait six sous. »

En 1939, le père de M. Ritchie s’est enrôlé dans l’armée au moment où le Canada entrait en guerre contre l’Allemagne nazie, en réponse à l’invasion de la Pologne par les troupes d’Hitler. Vétéran de la Première Guerre mondiale, il n’a pas été déployé outre-mer, mais il était loin de sa famille pendant quelques années. Plus tard, le grand frère de M. Ritchie a été tué en Normandie, lors du débarquement du jour J. « C’était une période très triste pour ma famille, dit-il. Il était le fils aîné et sa mort a bouleversé mon père. »

Lorsque M. Ritchie avait six ans, sa famille a acheté une petite maison à Kelowna, pour laquelle l’hypothèque s’élevait à 25 $ par mois. « Kelowna est un bon endroit où grandir, dit-il. Notre famille était pauvre, mais heureuse. Ma mère avait une magnifique voix; elle nous chantait des chansons en jouant du piano. Mon père était un peu plus sérieux, surtout après le décès de mon frère. Il nous faisait écouter les nouvelles tous les matins et tous les soirs à la radio. Il avait posé une grande carte du monde au mur de la cuisine et lorsqu’un événement se produisait dans le monde, il l’utilisait pour nous montrer où c’était. Il avait une excellente connaissance de la géographie. Nous n’avions peut-être pas grand-chose, mais je n’ai jamais eu l’impression d’être pauvre. J’avais une attitude positive et une grande appréciation de ce que je possédais. »

À 12 ans, M. Ritchie travaillait à une ferme à près de cinq kilomètres de la maison. Son travail, qu’il a conservé pendant trois ans, consistait à garder le troupeau, à traire les vaches et à cueillir le maïs. Il travaillait dur toute la journée pour un salaire quotidien de deux dollars. Pour se rendre à la ferme, son père lui a acheté sa première bicyclette au coût de huit dollars. « C’était loin d’être le meilleur modèle, lance M. Ritchie. Je suis allé au magasin de bicyclettes et j’ai négocié pour échanger la mienne et huit paiements de cinq dollars contre un Hummer d’Angleterre. J’ai fait mes paiements fidèlement et j’ai pu en prendre possession à la fin de cet été-là. J’étais alors l’enfant le plus fier au Canada. À partir de cet instant, j’ai toujours eu de l’argent dans les poches. Je me levais tôt les dimanches matin pour aller ramasser les bouteilles de bière au parc et je les vendais les lundis, après l’école. J’adorais vendre des choses, j’ai fait beaucoup de porte-à-porte pour vendre des sapins de Noël et des cartes de vœux. Ces boulots me rendaient heureux. Ils m’ont appris l’importance de l’autonomie et la valeur du travail acharné. Quand vous vivez dans la pauvreté, tout ce que vous obtenez est inévitablement beau et bon, et vous appréciez vraiment les petites choses de la vie. »

Après la guerre, le père de M. Ritchie a acheté des parts d’un magasin de meubles de deuxième main. Un an plus tard, il a acheté celles des autres propriétaires pour moins de 2000 $. David était fasciné par le magasin de meubles de son père, le OK Used Furniture Store. Chaque jour, il avait hâte de se rendre au magasin après l’école pour voir ce qui avait été acheté ou vendu. C’est devenu sa responsabilité de chauffer le poêle et de balayer les planchers. Toutefois, alors que M. Ritchie était à l’école secondaire, le magasin éprouvait des difficultés. Son père devait rembourser 2000 $ à la banque sur un prêt de 20 000 $. Il était impossible de faire le paiement, à moins de vendre beaucoup de meubles en une courte période de temps. Les Ritchie ont alors décidé de tenir une vente aux enchères. À la fin de la journée, ils avaient l’argent nécessaire pour le paiement et une nouvelle manière de faire des affaires.

En 1958, trois ans après la fin de ses études secondaires, M. Ritchie a pris les rênes de l’entreprise de son père, avec ses deux frères, et l’a renommée Les Encans Ritchie Bros. L’entreprise est entrée en bourse en 1998 et les ventes annuelles dépassent maintenant deux milliards de dollars. Les Encans Ritchie Bros est la plus grande entreprise de vente aux enchères industrielles au monde avec 110 bureaux dans 25 pays. M. Ritchie a cédé sa place de président directeur général en 2004, mais il reste actif à titre de président du conseil d’administration et demeure le principal actionnaire de l’entreprise. En 2005, il a été nommé Entrepreneur de l’année par la faculté de commerce de l’Université de Victoria en Colombie‑Britannique.

Honoré d’être le lauréat du prix international Horatio Alger, M. Ritchie dit se reconnaître dans ceux qui partent d’origines plutôt humbles, mais il souhaite que les jeunes, surtout les boursiers Horatio Alger, aient confiance en leur capacité de surmonter des débuts difficiles. « Le plus important c’est de ne jamais abandonner, dit-il. Je pouvais perdre un contrat cinq fois, mais je n’abandonnais toujours pas. Un jour, je l’obtiendrais – comme j’en étais convaincu depuis le début. On apprend alors qu’à force d’essayer, tout devient plus facile. C’est une philosophie toute simple. Je crois que le travail acharné ouvre la voie à la chance. »

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